Moving

 

« Les mouvements des êtres, l’agitation des âmes,
Se tordent à l’infini et frémissent à l’envi,
Mais il n’est pas un homme celui qui les condamne
Car ce flux porte un nom et ce nom est la vie.»
Fred Vargas – Dans les bois éternels

 

 

Projet 2018/2019

Ce qui nous anime est il dehors ou dedans?
Avec Moving, la Cie Nmara aborde une nouvelle phase de travail. Très sensible aux notions d’identité, la chorégraphe Nassima Moucheni invente ici un espace de recherche pour trois corps dansants. Suite à une experience personnelle, elle interroge par la danse les notions de mouvement, de la contrainte à la liberté de ces derniers. Quand le corps montre des signes de transformation, dans le cas d’une maladie par exemple, le mouvement prend un sens différent, il devient l’écho d’une histoire interne invisible et il s’étend à l’extérieur. Il tend également à transformer l’image qu’a le monde de ce corps. On prend conscience de la fragilité que revêtent les gestes, qu’ils soient réflexes ou réflechis et combien ils sont essentiels dans notre rapport au monde. Merleau-Ponty affirme que ce n’est pas seulement le corps mais l’âme également qui crée du mouvement.

Au terme d’une recherche approfondie la Compagnie Nmara questionne tout ce qui affecte, de l’interieur ou de l’exterieur, le corps dans son mouvement, que ce soit physique, émotionnel, empirique ou conceptuel. Le postulat de départ est de s’interroger sur ce qui bouge. Mais aussi sur ce qui semble immobile, ou plutôt en phase de repos, en attente du mouvement suivant. Car le mouvement est avant tout une affaire de perception.
Si le terme mouvement fait référence à un déplacement dans l’espace, il évoque aussi les changements d’état. C’est le passage d’un terme à l’autre, de quelque chose à quelque chose. C’est un acte de puissance qui introduit un changement. Car le mouvement constitue pour l’homme l’expérience la plus fondamentale et la plus quotidienne de son rapport au monde.
Mais pour qu’il soit perceptible faut-il qu’il se rapporte à l’immobile ? Le mouvement n’est-il perceptible que par la conscience du temps qui s’écoule ?
Faut-il, pour apprécier la capacité de créer du mouvement, avoir ressenti l’incapacité, la fragilité du corps et
son caractère imprévisible ?
Le mouvement constitue également l’expression d’une relation à l’autre, tantôt actif tantôt réactif, il matérialise le lien intangible tendu entre soi et l’autre dans un jeu d’échanges, de transmissions ou de pouvoir. Nous vivons le mouvement des peuples, des nations, des guerres, des révolutions depuis toujours. Pourquoi bouge-t-on ? Pour ne pas être une cible ? Pour rester en vie ?
Cette création est au croisement de plusieurs disciplines (la danse, la littérature, le théâtre, la vidéo, la création sonore).

Création chorégraphique.
Durée prévue de la création finale : 1h00
Chorégraphie : Nassima Moucheni
Scénographie/vidéo/lumières : Thomas Pénanguer
Danse : Nassima Moucheni/Paola Maureso/ Lise Avignon
Création sonore : Nassima Moucheni

Coproduction : Théâtre de l’Archipel, Scène nationale de Perpignan
Résidence conventionnée : Ville d’Alénya
Accueil : La Grainerie de Toulouse, La Casa Musicale de Perpignan, Association Flaschback66,
Festival Chouftouhonna (Théâtre National De Tunis)


« The movement of living beings, the restlessness of souls

Twist themselves endlessly and quiver over and over.

But the one who condemns them is not a man

As this flow has a name and this name is Life. » 

Gradually, tirelessly, from force of habit, time pounds our bodies. It is the movement inside the movement. It gives awareness of new obstacles or little joys. It is in prospect, on a vanishing line, an infinite present. We all share the desire to be part of the movement, the action. We want to know Where, How, Why. Time plays a trick on us with this diabolical suspense, but each event has to find its place, its signification. Here comes the irrational, when imagination substitutes itself for reason.We catch ideas, states and we establish rules, laws and walls, all destined to change.
As where there is life, nothing is motionless, no boundary is eternal, even mountains move.

The Nmara company intends to create an area for discussion between present body (live dancer) and image of body (video). Based on lived experiences, testimonies and video images, ‘Moving’ will highlight body gestures, positions and states to show multiple ideas of movement.
The first step of the project includes a text, video and sound collection to represent the relation between body, history and space. Then all will be inserted in a dramaturgy. The sound diffusion system will be studied to create an effect of traveling sounds through space. The video display provides, among other things, the broadcast of distant bodies (video sequences taken in different countries). Several artists will be asked to nurture the testimony part with texts and videos.

«  The natural being as a whole is a moving being affected by a fundamental instability in principle. » -Aristotle-